Mes confidences

À vos chantiers !

À vos chantiers

J’aurais rêvé savoir chanter. Oh je nai pas la prétention de fantasmer sur les vocalises de notre Céline nationale. Non, une petite voix fluette et éraillée à la Carla Bruni m’aurait largement suffi. Mais la vie est ainsi faite, j’ai une voix des plus banales qui n’émeut personne, pas même moi. Enfin, je suis peut-être un peu modeste… Un jour, ma sœur et moi, après quelques répétitions, avons fièrement décidé de monter sur scène. À en croire les retours enthousiastes des personnes présentes ce jour là, notre proposition artistique était magnifique. Je veux les croire. Même si c’était sur une place de village à la Bourboule. Et même si ces personnes présentes étaient mon papi et ma mamie. Je suis persuadée que leur avis était tout à fait objectif et que notre interprétation de « J’ai un gros nez rouge » devait être bouleversante…
Bref, malgré ce franc succès, je n’ai pas poursuivi dans la chanson et c’est peut être mieux ainsi.

Par chance, j’ai trouvé un autre moyen pour mettre en mots le flot d’émotions qui me traverse. J’adore écrire. J’aime les mots, leur musique, leur rythme. Ils m’aident à mettre de l’ordre et du contour quand à l’intérieur ça déborde. Ils sont ma digue, mes gardes fou, et de mes peurs ils en font leur quatre heures. Écrire ne me demande aucun effort. Je tire sur le fil et la pelote se déroule. Quand j’arrive au bout je me sens légère, pleine d’espace pour vivre l’essentiel. J’adore cette sensation. J’aime la retrouver.

Pourtant, cela fait des semaines que plus rien ne vient. Plus de fil, plus de pelote. J’essaye, je réfléchis, je m’aère. Pas un bon mot, aucune blagounette. Mon humour semble s’être noyé dans mon verre à moitié vide et ma créativité s’est fait la malle avec ma bonne humeur. Moi qui découvre tout juste le plaisir de partager mon optimisme à travers ma plume, me voilà à sec de positive attitude.
Et puis, aujourd’hui, j’ai eu l’illumination ! Comment pourrais-je transmettre joie et légèreté alors qu’à l’intérieur je traverse une période… comment dire ? 🤔 

Voilà j’ai trouvé : Une belle période de merde !

Pour vous donner une petite image, j’ai l’impression d’être face à un chantier énorme. Vous savez, le genre de chantier qui excite autant qu’il effraie. Et vous savez quoi ?!? C’est moi la maître d’œuvre 😰

Je n’ose pas imaginer à quoi il ressemblera. Je me concentre sur ce que j’ai à faire au jour le jour. Et autant vous dire que je n’en suis pas aux finitions… la déco attendra ! Là, les bulldozers viennent de passer et j’ai du boulot ! Je déblaye, je trie, je me sépare de ce que je ne veux plus et garde ce qui m’est précieux. Sans compromis. Mes piliers ont vacillé et je reconstruis un cocon qui me ressemble. Je pétille et j’ai peur à l’idée d’avoir le choix. Toujours. Je repose mes bases. Celles de la Anaïs d’aujourd’hui. Je ne me projette pas vraiment. J’ai tellement à découvrir de celle que je suis. Celle de demain j’en suis sûre, aura le courage de s’y remettre si besoin. Je pense à ce qui me fait du bien, ce qui me fait vibrer. Je me l’écris secrètement pour ne pas l’oublier.

Alors voilà, aujourd’hui ce que j’ai à partager n’a rien de léger. Et pour se marrer faudra repasser.
Le chantier est grand, et moi, en ce moment je me sens toute petite. J’ai peur, je doute, je pleure. Mes désirs sont endormis et mes projets en suspens. Je suis fatiguée. J’avance dans la tempête en mode automatique. On est loin de profiter du moment présent. J’ai même la flemme de boire mon thé… c’est pour vous dire 🤦🏽‍♀️
Ben oui, c’est ça aussi la vie. Ce sont ces moments de jachère qui permettent de cueillir les périodes plus fertiles. Et même si la rudesse de l’hiver est inconfortable, c’est lui qui nous ouvre les portes du printemps.
Alors je plonge dans mon hiver intérieur, je cajole ma tristesse et j’écoute jusqu’au bout mes peurs. Ce n’est pas toujours simple. Parfois j’ai juste envie qu’elles se taisent. Mais ce n’est pas en fermant à double tour mon cœur que je trouverai le chemin du bonheur…

Écrire ces quelques lignes est déjà pour moi libérateur. Je laisse ainsi de la place pour mes envies, mes projets endormis. Je sens ma gratitude grandir et ma foi en la vie se redéployer. Et si mes mots résonnent chez une seule d’entre vous et puissent accompagner ses maux alors je considérerais que c’est ma cerise sur le gâteau 🍒 !

N’oubliez pas, nous sommes chacune les maîtres d’œuvre de notre quotidien. Alors à vos chantiers !

Anaïs

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