Mes confidences

Ca y'est elles dorment !

Ca y'est elles dorment

Il est 22h. Je sors de la chambre, cheveux ébouriffés, yeux ramollis par la pénombre, frange éclatée des années 80’ ( oui, j’avoue, c’est pas ce qui me met le plus en valeur…).
Elles dorment enfin…
J’ai lu une histoire, non deux histoires, ah non, trois en fait. Oui, parce que dans la deuxième histoire on a lu le mot « sorcière » et que «Maman ça me fait très peur et s’il te plaît on en lit une dernière et après stop pour pas faire de cauchemars s’il te plaît, s’il te plaît, s’il te plaît ! ». J’ai préparé deux bibis, dont un avec du miel. J’ai culpabilisé de mettre du miel parce que le papa de Rosa qui est dentiste a dit que c’était très mauvais pour l’avenir bucco dentaire de ma fille. J’ai allumé deux veilleuse et un couloir. J’ai fait des bisous, des câlins généraux, des câlins personnels. J’ai refais un câlin « parce que sinon maman j’arrive pas à m’endormir, s’il te plaît, s’il te plaît, s’il te plaît !».

Je suis sortie des chambres, en retenant ma respiration. Je me demande même si je n’ai pas volé à un moment 🤔. J’ai repoussé la porte du couloir. Elle a grincé. Elle a réveillé ma grande, qui elle même a réveillé la petite. Je l’ai regardée droit dans la serrure et je l’ai détestée. En vrai de vrai je l’ai même insultée. Oui c’est bizarre… je remarque que quand je suis très énervée de deviens animiste. Bref, ça c’est une autre histoire.

J’ai serré mes poings et j’ai haussé le ton. Avec l’une, puis avec l’autre. Elles aussi…
Je leur ai promis que je les laisserai hurler et que je n’y retournerai pas. Et donc… j’y suis retournée 😒
J’y suis retournée pour que ça s’arrête et pour les calmer. Alors j’ai crié. Et oui, on a une logique un peu étonnante quand on est fatiguée…
J’ai soufflé, j’ai respiré. J’ai pensé à Isabelle Filliozat qui recommande de boire un grand verre d’eau dans ces cas là. Je me suis dit que si j’avais le courage d’aller jusqu’au frigo ce serait plus pour me servir un grand verre de vin… Oui, à ce moment là, désolée Isa mais j’étais plus inspirée par Renaud que par toi.
Comme j’avais quand même pas envie de finir ma vie, guitare sous le bras chantant « Je suis Morgan de toi » j’ai fini par me calmer, pour de vrai.
J’ai pris mes filles dans mes bras, j’ai bisouillé, j’ai gratté, jusqu’à ce que j’entende leurs petits souffles s’apaiser.
Je suis restée un moment comme ça. Coincée entre ces deux petits corps chauds que moi même j’avais fait. J’ai regardé leurs petites mains et bien sûr leurs petits pieds (c’est étrange cette passion qu’on a pour les petits pieds et qui se transforme en vrai dégoût au fil des années🤔 ). J’ai caressé leurs cheveux, leurs joues rondes, leurs petits nez…

Et j’ai culpabilisé. J’ai culpabilisé de n’avoir pas su les apaiser, j’ai culpabilisé d’avoir été trop dure, j’ai culpabilisé de ne pas avoir été assez ferme, j’ai culpabilisé de ne pas leur avoir accordé suffisamment de temps, j’ai culpabilisé d’être fusionnelle… Je suis sortie de la chambre. Je me suis promis que je ferai mieux demain. Mais je me suis souvenu que je m’étais déjà promis ça hier…

Je me suis affalée sur mon canapé et je me suis dit que c’était dur d’être une mère. Je me suis rappelée qu’avant, je croyais que quand on devenait parent, on revenait gracieusement et présent notre lot de patience, de bienveillance, de responsabilité. Ça m’a fait sourire.
C’est bête mais je n’avais pas envisagé que ce serait la même Anaïs qui traverserait les âges. Avec ses qualités, ses défauts, ses forces, ses travers. J’en prenais soudanien conscience. Je n’étais pas la mère idéale que je m’imaginais être à l’adolescence. Et mon dieu ! Quelle chance ! Je me serais royalement emmerdée ! Et oui… la petite Anaïs avait encore tout plein de choses à apprendre, à expérimenter en tant que femme, en tant que mère…
Et quel soulagement de faire ce constat là ! Non, personne ne nous demande d’être parfaite. Juste de faire avec ce que l’on est !
À toutes les parfaitement imparfaites : sachez que vous laissez à vos enfants, l’occasion, à leur tour, d’être pleinement ce qu’ils sont.
Alors détendons nous, tout va bien. Nous allons jouer avec nos enfants, nous fâcher, parfois les laisser pleurer, les bouffer de bisous, les engueuler. Mais nous allons surtout les aimer, nous aimer. Je crois bien que c’est ça éduquer… ️❤️

PS : À toutes celles qui ne veulent plus ou ne veulent pas d’enfant. N’allez pas voir un enfant endormi. C’est un piège de Dame Nature… ça donne trop envie d’en avoir !

Anaïs

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